Description
Edgar BRANDT (1880-1960) Lampadaire "Roses" circa 1922 en fer forgé martelé, coupe en verre épais jaune-orangé jaspé de poudres intercalaires orangées et brunes. Cachet « E. BRANDT » sur le pied et cachet « DAUM NANCY » gravé sur la coupe
H. 174.5 (avec la coupe)
Diam. 43 cm (pied)
"Dans la lutte de l'homme contre la dure matière qui, par la magie du feu, se laisse modeler, tordre, aplanir, enrouler sous le marteau et se plie docilement aux formes décoratives les plus imprévues et les plus variées, cet artiste a pris une place bien à part, au premier rang. Il n'est pas de chercheur plus résolu, ni plus ingénieux.
René Chavance , "L'Art et les Artistes", janvier 1921, p 276
Edgar William Brandt voit le jour à Paris en 1880. Très jeune, de 14 à 18 ans, il se passionne pour la ferronnerie d’art. Il part à l’École Nationale Professionnelle de Vierzon pour étudier cet artisanat noble et sort diplômé en 1898.
C'est à Nancy, en pleine immersion dans le milieu artistique Art Nouveau, qu’il développe encore plus son attrait pour la modernité et le dessin. Lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1900, les réalisations d’artistes comme Gallé, Majorelle ou Daum lui font prendre conscience que pour réussir, il faut savoir marier la création artistique à l’efficacité industrielle et continuer dans l'essor de l'Art total.
C'est ainsi qu’en 1902, Brandt fonde les "Établissements Brandt" dans atelier modeste à Paris. Il se spécialise dans un premier temps dans la création de bijoux en fer forgé. Le succès est rapidement au rendez-vous, et dès 1904, il élargit sa gamme pour inclure des objets comme des écrans de cheminées, des lampes, des vases et des miroirs. Il devient également une figure incontournable des grands Salons d'art.
Après la guerre, en 1919, il se fait construire un vaste atelier dans le 16e arrondissement de Paris, une vitrine de son savoir-faire où il continue à innover, toujours innover. Ses créations, inspirées par la nature et le Japonisme, s’orientent progressivement vers des formes plus stylisées et géométriques. Fidèle à son idée de concilier l’art et l’industrie, il explique lors de l’inauguration de ses nouveaux locaux qu'il veut " faire pénétrer dans l’ensemble de la nation le goût et le sentiment moderne."
Ses talents lui valent un succès critique et commercial retentissant, et il collabore avec d'autres grands noms comme les frères Daum pour créer des luminaires et des vases uniques en leur genre. Nos deux lampadaires sont des exmples de cette collaboration entre l'Art du verre et celui du fer. Il reçoit des commandes prestigieuses, comme la décoration des paquebots de la Compagnie Générale Transatlantique ou les grilles emblématiques du Bon Marché à Paris.